Spectacle : Klaxon, joyeux et percutant

 

Quelques mots sur le petit bijou de la compagnie Akoreacro.

 

J’attendais avec impatience le moment où je pourrais vous parler d’une autre de mes grandes passions, (cela commence à en faire beaucoup me direz-vous, mais celle-ci occupe une place particulière dans ma vie). Il s’agit des spectacles. À chaque rentrée, j’épluche les programmes des salles de spectacles rémoises et parisiennes, afin de ne rien louper. Danse, théâtre, opéra, cirque, concert, tout m’attire. Ce que j’aime le plus ce sont les inclassables, ceux qui ne se rangent pas dans une catégorie mais dans toutes. Aujourd’hui j’ai envie de vous parler de cirque.

Mais attention je ne vous parle pas de cirque traditionnel, avec sa musique de fanfare et ses numéros indépendants, (toujours les mêmes), avec de pauvres animaux qui défilent et des costumes beaucoup trop brillants. Non, je vous parle de cirque contemporain, avec une histoire, un univers, un vrai spectacle qui mêle tous les arts et tous les genres. On appelle cela le Nouveau Cirque. Le parfait équilibre entre clin d’oeil aux traditions et nouvelles prouesses.

 

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(À gauche La famille Semianyki, Timber! / À droite Matamore, La fascination de désastre, Les 7 doigts de la main.)

 

Ce qui me fascine dans ces spectacles, c’est cet art de créer avec 3 fois rien, des vieux objets, des bouts de ficelles, des costumes rapiécés, des casseroles usées… j’aime cet univers de récup’, patiné, qui devient incroyablement poétique.

Ce que j’adore également, c’est l’ambiance dans laquelle on est plongé instantanément. Quand on entre dans la salle ou sous le chapiteau, la plupart du temps, les circassiens sont déjà là, en train de “s’échauffer”, faire des clowneries et interagir avec le public. On a l’impression de s’immiscer dans un autre monde, comme si l’on surprenait une action en cours et la magie opère directement. Tout se mêle pour créer une atmosphère chaleureuse : la proximité, les lumières chaudes et feutrées, les couleurs et les quelques notes jouées… On s’y sent bien. Pas besoin de décor supplémentaire ni de costume extravagant.

Klaxon, s’inscrit dans ce genre avec talent.

Rien que le titre, Klaxon, on sent le dynamisme, ça claque dans l’air et ça laisse présager le bruit, l’agitation et l’urgence. On n’est pas déçu, on découvre une grande énergie, beaucoup de générosité, mais aussi beaucoup de précision.


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Ils sont 6 en piste, une seule femme et on a l’impression qu’ils savent tout faire. Ils passent d’acrobates à musiciens en un rien de temps. Les corps voltigent, s’agitent, se passent les instruments. Basse, contrebasse, violoncelle, violon, batterie, accordéon ou encore clarinette, virevoltent autant que les corps. La musique est vraiment sublime et façonne entièrement le spectacle. Rythmes tsiganes, jazz, rock, beatbox et classique, s’enchaînent magnifiquement bien. On est plus au cirque, on voyage. Un véritable spectacle dans le spectacle.

Cadre aérien, trapèzes et matelas se rangent et se déploient à loisir. La voltigeuse si gracieuse, semble légère comme une plume.

 

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Un acrobate se balance sur un trapèze avec pour seul appui, sa tête.

 

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Un piano parcourt la piste grâce à un système de roues, et devient le support d’acrobaties et d’expérimentations à coup de balles de ping-pong. Véritable terrain de jeux qui nous donne envie de jouer aussi.

 

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Gros coup de cœur pour le moment suspendu avec la roue Cyr, accompagné de la douceur enivrante d’un violon et d’un violoncelle… magnifique.

 

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La lumière sublimée par la fumée, crée de magnifiques tableaux.

 

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C’est un sans faute pour moi, ils m’ont embarquée dans le rythme effréné qu’ils s’imposent. Joyeux bazar, les scènes s’imbriquent les unes dans les autres, on a pas le temps de s’ennuyer. Ces circassiens manient le tempo comme personne. Toujours en action, ils semblent courir après le temps, il règne une agitation constante, mais en tout cas, nous, on prend le temps de déguster chaque instant. Surtout lorsque tout s’arrête, comme un arrêt sur image, où tous les personnages s’accordent pendant une seconde, le temps de quelques mouvements chorégraphiés et exécutés ensemble, pour mieux repartir ensuite dans leur course folle.

 

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On rit beaucoup, on tremble un peu quand la prise de risque est grande, on est ému aussi et on a très envie de danser.

Par le charme de son architecture, le Cirque du Manège de Reims, (que j’adore), a permis à la magie d’opérer. Il a offert un bel écrin à cette création à la fois musicale, poétique, burlesque et rythmée.

En somme, un spectacle percutant de beauté.

 

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Pour découvrir l’univers de la compagnie et la bande-annonce du spectacle, c’est ici.

Pour voir de magnifiques photos, vous pouvez aller sur le site de Ian Grandjean.

La compagnie finit sa tournée à Paris, à La Villette, du 23 novembre au 25 décembre. Un conseil… foncez!

 

Crédit photo : il est interdit de prendre des photos pendant les représentations, ainsi celles que j’ai choisies pour illustrer mon article, appartiennent à des photographes professionnels dont les noms figurent sur chaque photo.

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